« On veut vivre. » 260 villes manifestent contre l'inaction climatique du gouvernement français

Après un été où le dérèglement climatique est devenu réalité avec 100 000 hectares brûlés en France, et deux hectares sur l'île anglo-normande de Sercq, les citoyens français se mobilisent pour réclamer des mesures d'urgence face à l'inaction du président de la République.

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« On veut vivre. » 260 villes manifestent contre l'inaction climatique du gouvernement français
Place de la République, Paris. le 26 septembre

« On nous demande d'organiser notre vie comme si de rien n'était : études pour alimenter la machine, emplois pour l'entretenir, consommation effrénée pour la maintenir à flot. Nous refusons ».

La jeunesse du mouvement du 26 septembre

Elly, 17. Seyma, 15. Mathis, 16... Après avoir passé les dernières semaines de l'année scolaire à suffoquer dans des salles de classe où régnait une chaleur dangereuse, des collégiens, lycéens et étudiants ont rejoint le mouvement des jeunes pour le climat, à l'occasion de la marche du 26 septembre.

Dénonçant « 30 ans des sommets, des déclarations fallacieuses, des promesses jamais tenues, des objectifs sans cesse repousséss », et refusant de continuer comme si de rien n’était, leur tribune, publiée par le quotidien français Libération et Vert, le média, s’intitule simplement « Nous avons droit à un avenir ».

De Saint-Malo à Rennes, de Cherbourg à Bordeaux, de Paris à Marseille, 260 communes et villes appellent à une action climatique urgente en France.

Le mouvement citoyen réclame la fin de toutes les subventions aux énergies fossiles ainsi qu'une sortie des guerres, et un plan d'urgence pour qu'aucune commune ne soit seule face au feu et à la sécheresse.

Au 10 septembre, 93 départements étaient toujours concernés par des restrictions de l'usage de l'eau, dont 74 au niveau de crise (niveau le plus élevé) selon Météo France.

260 manifestations pour dénoncer l'inaction climat : On veut vivre.

« Qui aurait pu prédire que plus de 7 300 personnes mourraient de la canicule cet été, sans que rien ne s'arrête ? »

Plus de 1 000 organisations signent la lettre ouverte au président de la République.

Une enfant handicapée de 12 ans chez elle. Un homme de 40 ans dans la rue. D’après les chiffres actualisés de Santé Publique France -la canicule a fait 8 124 victimes en France cet été : il s’agit de l’été le plus meurtrier depuis 2003.

Les personnes handicapées et les personnes âgées sont les premières à succomber. La canicule a également entraîné une surmortalité chez les 45-64 ans, touchant des personnes sans antécédents médicaux : un corps humain en bonne santé peut subir une surchauffe mortelle, les premiers symptômes se manifestant par des maux de tête, des crampes et des nausées.

« Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d'abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires," demande les signataires de l'appel du 26 septembre. "les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ? »

Parmi les mesures réclamées par plus de 1 180 organisations signataires, dont des associations écologistes allant de Greenpeace aux Amis de la Terre, figure le refinancement du Fond Vert – créé pour aider les collectivités locales à mener à bien la transition écologique, comme en isolant les logements. Le Fonds vert a été réduit à €837 millions, soit moins de la moitié des €2,5 milliards alloués en 2024, alors même que l’urgence s’est accrue.

Contrairement, au cours de l’année écoulée, €6,7 milliards supplémentaires ont été injectés dans l’industrie de l’armement, qui figure parmi les plus gros consommateurs de combustibles fossiles et l'un des plus gros émetteurs de carbone, alors que le budget consacré à la protection civile en France est inférieur à €1 milliard.

« Monsieur le Président de la République, Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes...Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. » Lettre ouverte à Emmanuel Macron, signé par 1180 organisations | Lisez plus

« Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu'il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l'accès aux ressources énergétiques et minières ?

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d'origine.

Contre les méga-bassines, pour que l'eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d'un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d'ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes.

Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d'euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d'eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes ».

26 septembre : 260 villes « Pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. »

Plus de 1000 organisations ont lancé l'appel à manifester le 26 septembre contre l'inaction et pour exiger un plan d'urgence.

29 septembre : Mouvement de grève, lancé par des pompiers

Après un été où ils ont lutté contre des incendies qui ont brûlé 100 000 hectares, 10 fois la surface de Paris, les pompiers de France sont en grève depuis le 8 septembre, et jusqu'au 20 octobre. Trois journées d'action sont prévues à Paris pour réclamer des ressources et des effectifs nécessaires pour faire face aux feux. L'union intersyndicale a rejoint l'appel à la grève le 29 septembre.


29 septembre : Réunion d'urgence citoyenne à Guernesey

Dans le bailliage de Guernesey, où l'île de Sercq a été le théâtre d'un grave incendie en juillet, et où des feux se sont déclarés sur les falaises de la côte sud de Guernesey, le Clean Earth Trust organise une réunion d'urgence citoyenne - People's Emergency Briefing. Cette projection rejoint l'appel urgent pour que le gouvernement britannique mette en place une réponse nationale d'urgence à la crise climatique, et vise à discuter des impacts locaux et des mesures à prendre.

People’s Emergency Briefing - Guernsey - The Clean Earth Trust
What’s happening with our climate and nature, and how does it directly affect everyday life in Guernsey? Join us for a screening of The People’s Emergency
26 septembre — Marchons pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale
Appel à mobilisation nationale : samedi 26 septembre 2026, marchons partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Signez l’appel.
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